L'ART ET LE DESIR
#CONNAISSANCE #Art #COTTE-Patricia #Art thérapie #Nice #09-Apr-2021 #celeritup

L'ART ET LE DESIR

Support : Mon expérience

Le Désir dans le processus créatif

 

Selon la théorie de Freud le désir est essentiellement inconscient. Il est rattaché à la première expérience de satisfaction du nourrisson. Pour Lacan le désir est toujours dirigé vers l’autre, c’est en fait une demande d’amour, désir d’être aimé. Le désir serait lié non pas à un objet réel mais à un fantasme. C’est par un travail de deuil que le sujet pourra vivre son désir non plus sur un mode phantasmatique (fusion) mais sur un mode symbolique (objet de substitution).

 

L’Art pour ma part illustre bien la problématique du désir. Un désir constamment renouvelé dans l’acte de création. Un désir qui touche son accomplissement et aussitôt donne naissance à un autre désir.

 

J’ai toujours pensé que j’étais une éternelle « insatisfaite » car rarement un tableau que j’avais réalisé n’atteignait son but par rapport à mon attente. Pour Freud, l’art est presque toujours inoffensif et bienfaisant : il ne veut rien d’autre que l’illusion. « A l’exception d’un petit nombre de personnes qui sont possédées par l’Art ; celui-ci ne tente pas d’empiéter dans le domaine de la réalité ».Pour lui, c’est une puissance d’illusion tourné dans un monde « virtuel », l’artiste étant incapable d’atteindre un objet réel qu’il substitut à un objet « fantasque ». L’art serait donc une satisfaction compensatrice et échappatoire dans notre incarnation (Essai 1909 la création littéraire et le rêve éveillé).

 

S’il y a une part de vérité dans les dires de Freud ; cela me semble étriqué et restrictif d’en rester là. Par mon expérience personnelle ; la course épuisante de l’œuvre imaginée aboutie a un jour pris fin. Et c’est là vraiment où j’ai commencé à prendre plaisir de l’acte « pur » créatif. La création sans attente. L’œuvre devient secondaire, c’est l’expérience de la création qui devient le Maitre d’œuvre. Toute personne qui a parcouru un processus créatif aboutit un jour à ne plus avoir envie de « faire ». Etre la création est un nouveau défi. Cela rejoint peut-être l’œuvre éphémère. L’œuvre qui se crée et se défait comme une respiration de la Vie. Une danse d’amour entre l’imaginaire et la matière.