Sortir des relations "toxiques". Miroir, mon beau miroir !
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Sortir des relations "toxiques". Miroir, mon beau miroir !

Support : Mon expérience

Sortir des relations toxiques, « une invitation alchimique au retour à soi » 2/3

Partie II – Miroir, mon beau miroir, la relation d’emprise

 

Dans un premier article intitulé : « Suis-je victime de mes relations ? », j’ai présenté les mécanismes qui nous font entrer dans la fabrique ordinaire des relations toxiques et les rôles du fameux triangle dramatique de Karpman.

Dans cette 2ème partie, il sera question plus précisément des différentes phases de la relation d’emprise. Je choisis ici d’étudier la relation de couple, qui est sans doute la plus emblématique au regard de l’analyse que j’en ferai, mais certains aspects correspondront également à d’autres configurations relationnelles.

Parmi les personnes que j’accompagne professionnellement, ou que je côtoie, la plupart de celles qui souffrent de relations toxiques présentent une personnalité ouverte, empathique, généreuse et semblent pleines de ressources. Beaucoup font preuve d’une grande finesse, de qualités d’analyse autant que de cœur. C’est le constat que font d’ailleurs de nombreux thérapeutes lorsqu’ils identifient les profils dits « haut potentiel » comme les partenaires privilégiés des manipulateurs.

C’est pourquoi, nous tâcherons ici de répondre aux questions suivantes : Pourquoi une personne intelligente, sensible, et plutôt intuitive se laisse-t-elle prendre au piège des relations toxiques ? Qu’est-ce qui se joue dans cette relation ?

Quelques remarques préalables

  • Pour plus de clarté dans le propos, nous nous placerons dans le cas d’une relation sans dépendance financière, matérielle, professionnelle ou familiale : nous envisagerons le cas de personnes libres de rester dans la relation ou d’y mettre fin.
  • J’écarte de cette étude les profils de personnalités vraiment dangereuses, les situations dans lesquelles il y a pour un des partenaires un réel danger vital.
  • A dessein, je n’emploie pas les termes de « pervers narcissique » ou de « victime », mais je souhaite observer les interactions d’un point de vue énergétique et karmique qui montre alors ce type de relation comme un « partenariat d’évolution » possible pour les protagonistes.
  • Pour autant, précisons-le, ce regard ne vise pas à dédouaner celui qui agit en position de « persécuteur » de ses responsabilités, et bien sûr, toute victime d’actes répréhensibles, de manipulation, ou de paroles blessantes et malveillantes est fondée d’en demander réparation. Il s’agit ici de bien différencier l’histoire qui se joue des possibilités d’évolution qu’elle offre.

 

I – Les différentes phases de la rencontre et la dépendance affective

Phases

-La rencontre fondatrice : faite de séduction et de fusion (type conte de fée), cette rencontre est le moment fondateur de la relation et de la dépendance affective qui s’y enracine. C’est souvent (toujours ?) à ce moment-là que se réfère la « victime » de relation toxique pour entretenir le lien avec son partenaire.

C’est la mythique scène du bal de Roméo et Juliette, celle de West Side Story, où les protagonistes évoluent dans une bulle fusionnelle, et où tout l’entourage est absent, occulté, flouté. Une phase incontournable de la relation amoureuse, me direz-vous ? Oui, bien sûr, et c’est ce qui rend la relation toxique possible, car elle commence souvent comme une jolie relation intense et fusionnelle, faite de complicité, de confluence, et semble promettre beaucoup. Mais, comme dit la sagesse populaire « Quand c’est trop beau pour être vrai…, c’est trop beau pour être vrai ! » 

Et là, c’est une autre image qui se présente à moi (on a les références qu’on peut !), une planche des Dingodossiers de Gotlib intitulée « Après la fin », où l’on voit les personnages de conte et autres héros déchanter après le Happy End convenu !

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-Premiers dysfonctionnements : très vite, cette belle confluence se distord, se rompt, et ce qui, dans une relation « normale », donne lieu à des ajustements créateurs de part et d’autre pour trouver l’harmonie possible entre les « je » et le « nous » et préserver au mieux, et le lien, et les besoins de chacun, manque, est absent de la relation « toxique », l’un des partenaires s’adaptant en fait en permanence aux exigences de l’autre (qui lâche cependant du lest de temps en temps).

A ce stade, il n’est pas encore évident de constater le type de relation que l’on entretient, ce n’est pas si simple de démêler le vrai du faux, le lien tout neuf est encore bien fragile et peut demander des efforts d’ajustement. C’est plutôt aux ressentis qu’il faut être attentif : Y a-t-il un malaise ? Un mal-être dans la relation ? Une fatigue excessive ? Des angoisses ? Et les questionnements commencent : Peur de ne pas être à la hauteur ? Projections ? Les « c’est peut-être moi qui… »

- Puis viennent les attaques, insidieuses ou cinglantes, les remarques dévalorisantes, les reproches déguisés et l’éternelle réponse du persécuteur quand vous réagissez à ceux-ci :« Tu n’as vraiment aucun humour ! ». Et, éventuellement, les gestes déplacés.

Dans la plupart des cas, nous mettons un terme ici à ce genre de relation, mais la personne sujette aux relations toxiques – et nous verrons pourquoi – reste et entre dans un cycle de doutes, de velléités de s’affirmer, puis de reniements de soi, pour tenter de « réparer » la relation et s’enfonce toujours davantage dans la dépendance à une relation qui ne la comble plus, dans l’espoir de retrouver ce lien du début, si parfait retrouver la magie fusionnelle de la « rencontre fondatrice » : « Miroir, mon beau miroir… »

- Suit alors une phase de désillusion et malheureusement quelquefois de résignation à vivre une relation faite de hauts et de bas, (plus de bas que de hauts), qui crée une perte de repère, un épuisement vital. Mais c’est aussi souvent à ce stade douloureux qu’une prise de conscience se fait : « quelque chose ne va pas, ça ne tourne pas rond ». Elle peut venir de l’entourage qui voit la personne changer, ou de la personne elle-même, qui cherche à comprendre, s’informe sur les relations toxiques, et oscille souvent entre le constat de la réalité et la nostalgie de l’illusion perdue.

-La phase suivante, de sortie de la relation, de rupture, peut être plus ou moins longue selon le nombre d’allers-retours et de volte-face qui mèneront à la rupture effective, non exempte d’amertume, de regret, de culpabilité. On pourra mesurer la profondeur de la dépendance affective à la durée de ces dernières phases.

  Et la question qui vient à l’esprit de toute personne extérieure à la relation toxique est : Pourquoi la personne malheureuse dans la relation la subit-elle, pourquoi ne part-elle pas ? Et l’incompréhension est presque totale par rapport à des personnalités en apparence fortes, des personnes intelligentes, pleines de vie et de talent. Pourquoi restent-elles sous l’emprise de l’autre qui les font souffrir ? Que font-elles dans cette galère ? Pourquoi ne sortent-elles pas du piège toxique ?

J’aimerais montrer, si vous acceptez cette idée, que ce type de relation ne doit rien au hasard, que s’il s’agit d’un piège, c’est bien la vie qui le tend (le destin ?), et que cette relation, si douloureuse fût-elle, est une occasion d’évolution particulière. Sur un certain plan, la relation toxique peut être considérée comme un « partenariat d’évolution ». 

II – La fatale attraction des contraires 

La relation toxique repose sur deux piliers : parallélisme et polarité

Sur différents plans, notamment énergétique, et psychique, les partenaires d’évolution partagent des points communs, ils sont sur la même fréquence (rappelons que la fréquentation du partenaire incriminé n’est pas toxique pour tout le monde). La relation toxique est fondée sur les blessures émotionnelles des protagonistes, un dialogue et une danse macabre de blessure à blessure, et une certaine difficulté avec le monde tel qu’il est.

Si les partenaires « toxiques » ont la même faille importante dans la construction psychique qui crée une insécurité affective et une grande dépendance, ils développent des stratégies opposées pour répondre à leurs besoins. La fatale attraction des contraires…

Les deux stratégies reposent sur une rupture d’un équilibre sain entre « égoïsme » et « altruisme ». Cette rupture crée ce que je nomme la « perversion de l’égoïsme » et la « perversion de l’altruisme », nourries de croyances polaires et de comportements qui se répondent et s’imbriquent parfaitement.

J’en donne les principales caractéristiques dans le tableau suivant :

 

 

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La personne très empathique, sensible, très altruiste qui souffre dans la relation sera celle qui pourra chercher à sortir de l’emprise de son (sa) partenaire. Mais pour cheminer vers la libération des schémas qui sous-tendent la dépendance affective, elle aura besoin de faire le deuil du complexe du sauveur qui l’habite bien souvent et d’explorer ses failles intérieures. Ainsi, une histoire douloureuse lui offrira l’occasion de rencontrer les parties cachées, blessées et précieuses d’elle-même, afin de se percevoir comme un être complet mû par ses propres élans de vie et d’arrêter de quémander à l’extérieur d’elle-même ce qui se révèle à son regard en abondance, dès qu’elle tourne son regard vers l’intérieur : sa propre source jaillissante.

Dans un prochain article, je livrerai quelques clés pour entrer dans cette « invitation alchimique » au retour à soi.