Les émotions d’enfants : comprendre et accompagner
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Les émotions d’enfants : comprendre et accompagner

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Je vous propose, dans cet article, de voir comment accompagner les émotions des enfants ?

Pour celles et ceux qui sont familiers avec la théorie de l’attachement et la Communication Non Violente, ce texte vous rappellera sûrement quelque chose...

 

1. L'enfant qui vient au monde:

 

Il est toujours bon de se rappeler que l’enfant qui vient de naître a tout à apprendre du monde dans lequel il vient d’arriver. Il/elle est tout de même vraiment bien équipé/e sur un point : ressentir, avec son corps, ce qui se passe en lui/elle et dans son environnement proche. L’enfant est sensation !

Sauf qu’au début, toutes ses/ces sensations, toutes ses/ces informations, il/elle ne sait pas du tout quoi en faire. Ni à quoi elles correspondent.

 

2. Quand le monde commence à faire sens

C’est grâce à la répétition et la cohérence des réponses que va donner l’entourage aux pleurs – et autres manifestations d’inconforts - que le bébé va petit à petit associer ses sensations à leurs « causes ».

Par exemple : Au début, l’enfant ne comprend pas pourquoi cette région de son corps lui fait mal. À un certain niveau d’inconfort, il/elle va exprimer cet inconfort par des pleurs. Si son entourage lui apporte de la nourriture et que la sensation douloureuse passe. Au bout d’un certain temps, l’enfant associe le mal de ventre à la faim.

Au niveau neurologique, le cerveau de l’enfant est très sensible aux hormones sécrétées aux moments de fortes émotions. Si personne n'aide le bébé à calmer ces sensations - causées par des émotions désagréables - son cerveau risque littéralement d'être endommagé et rencontrer des difficultés pour se développer sereinement.

Bon à savoir ; avant 5 ans – et bien souvent encore quelques années après le cerveau des enfants ne comprend pas que l'autre ne sait pas ce que lui sait – c’est la fameuse « théorie de l’esprit ». En pratique, l’enfant pense qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des mots pour expliquer ce qui se passe dans sa tête – car il/elle est persuadé/e que tout le monde sait ce que lui/elle sait. D'où l'impossibilité d’appréhender la notion de secret ! L’enfant est persuadé que son entourage sait ce que lui/elle-même pense, donc, pas besoin de l’exprimer.

 

3. Émotions fortes

Maintenant que le décor est planté, que se passe-t-il dans la tête d'un jeune enfant quand surgit une émotion forte ? Le cerveau se met en mode défensif/protection ; il n’utilise plus ses capacités exploratoires, logiques et attentionnelles – et cela est valable, quel que soit notre âge.

Donc :

  • Chercher à raisonner un enfant en pleine réaction émotionnelle ne fonctionne pas ! Il/elle ne peut pas vous entendre. Il/Elle est à ce moment-là uniquement dans le moment présent et la ou les sensations vécue(s) le/la déborde(nt) complètement.

  • Si possible , intervenez directement sur la source de l'émotion sinon passez directement au point 3 ;-) .

  • Tentez de détourner l'attention de votre enfant.

  • Réconfortez et rassurez l’enfant en le/la prenant dans vos bras,en vous mettant à sa hauteur, en lui parlant doucement – le volume et le ton de la voix sont vraiment importants à cette étape. Utiliser la respiration sur le rythme de la cohérence cardiaque peut également aider : respirez en rythme avec votre enfant dans vos bras peut accélérer le retour au calme par « capillarité émotionnelle ».

  • Une fois que le cerveau n'est plus noyé dans les hormones de stress, vous pouvez tenter de discuter avec l’enfant. Mettre des mots sur ces/ses émotions peut bien aider – cela peut aussi être l’occasion de parler de vos propres manifestations émotionnelles. Par exemple «  J'ai crié très fort parce que j'ai eu très peur. » « Je suis désolée de t'avoir fait peur ». Il me semble vraiment important d'exprimer ses émotions et ses pensées aux enfants ; cela leur apprend à comprendre ses émotions et celles des autres. La « réparation » a également un fort pouvoir de guérison; en reconnaissant les erreurs – que nous faisons tous – nous permettons aux enfants de grandir plus serein(e)s, car ils/elles savent qu’un dialogue est possible.

Bon à savoir : Nous pouvons tout à fait appliquer ces étapes à nos propres débordements émotionnels !

4. Le saviez-vous ?

Une émotion ne dure que quelques secondes. Quand elle dure, c'est qu'elle est réactivée par les pensées que nous tournons et retournons dans notre tête. Cela explique pourquoi les petits enfants sont facilement consolables : ils sont dans le présent, ils vivent l'émotion désagréable puis passent à une autre émotion lorsque leur attention est portée ailleurs ou que le problème est résolu.

 

Si votre enfant mord ou tape, il/ elle n'est pas « vilain(e) » ni « méchant(e) », mais s'exprime par le corps. Notre rôle d'adulte est de lui expliquer les règles du jeu de notre société ; parler à la place de mordre ou de taper. Rappelez-vous, les jeunes enfants n'ont pas accès à la théorie de l'esprit. Pourquoi parler quand l'autre sait ce que je sais/pense ? D'où certaines colères quand un « autre» ne veut pas nous prêter ce que l'enfant désire si fort avoir…

Autre frustration possible - qui peut éclairer le passage à l’acte d'un/e enfant au lieu d’exprimer ses besoins de manière socialement acceptable le manque de vocabulaire qui fait que l'enfant n'est pas toujours compris. Cela peut être très frustrant, surtout quand cela arrive plusieurs fois par jour.

Remarque : Il va falloir beaucoup de rappels de la part de l'entourage de l'enfant et de tempset je parle de plusieurs années - pour qu'un/e enfant comprenne le principe du « bien vivre en société ».

5. Le rôle du Doudou 

L' « objet transitionnel » mais qu'est-ce donc que cela ?

En schématisant, au début de sa vie, vous les parents sont pour l’enfant un/e Gardien/ne : il/elle se sent en sécurité lorsque ses parents sont près de lui/elle. Il/Elle peut jouer, rire et vivre tranquillement grâce à leur présence.

Mais voilà, la vie fait que ces présences rassurantes ne peuvent pas être 100% du temps avec l’enfant. En un sens heureusement, car ce sont ces moments de séparations qui vont amener l’enfant à forger sa propre personnalité.

L’enfant a besoin d’être le/la plus à l'aise possible lors des moments de séparations pour pouvoir construire sereinement une personnalité équilibrée. D’où le doudou – ou objet transitionnel :

  • Le doudou sert de transition – il est une sorte d’extension de vous-même.

  • Tout objet choisit par l’enfant - portant une odeur connue- calme souvent plus facilement un enfant qu'une peluche prise au hasard. Un doudou efficace doit être choisi par l'enfant – c’est son doudou !

  • « Toujours avec mon doudou ! » ; rassurant en cas d'inquiétude, facilitant l'endormissement et consolant en cas de chagrin. Un doudou pour un enfant, c'est comme le téléphone portable pour les adultes : ça rassure quand c'est là et ça inquiète quand ce n'est pas à proximité.

  • Astuce : Il est sacrilège de laver... mais cependant obligatoire. Si possible, ayez deux doudous identiques et passez de l'un à l'autre assez souvent pour que votre enfant conserve toujours un doudou ayant la « bonne » odeur, pendant que l’autre passe au lavage.

  • J’ai nommé le doudou, le meilleur allier de tous les temps pour calmer les émotions fortes des enfants ! En tant qu’allier, il vous épaule - mais  ne peut pas vous remplacer ! - quand vous aidez un enfant qui vit une grosse émotion.

Aurélie FRESEL

Facilitatrice de rencontre enfants-parents